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Tokio Hotel en interview : “Il n’y a pas de groupe aussi bon que nous”

Avec l’album “Kings of Suburbia”, Tokio Hotel fait son grand retour. Pure Charts a rencontré le groupe allemand à l’Hôtel de Sers pour évoquer son succès passé, les dérapages de ses fans, sa nouvelle vie et pourquoi il ne chante plus en allemand. Découvrez la première partie de l’interview !
Ça faisait longtemps ! Pourquoi avez-vous décidé de revenir avec Kings of Suburbia cinq ans après le dernier album “Humanoid” ?
Bill : On n’a pas l’impression que ça fait si longtemps. L’album a mis du temps à arriver, mais on a beaucoup tourné avec le précédent, jusqu’à fin 2009. On a été en Amérique, au Japon, en Russie… Ça nous a pris beaucoup de temps. Ensuite, on a fait une pause pendant quatre ans et demi pour vivre tout simplement, être inspirés à nouveau, et puis se relaxer un peu. (Rires) On bosse quand même depuis pas mal de temps !

Et vous avez eu envie de retourner en studio…
Bill : Oui, on a commencé à se rendre en studio, à travailler sur de nouvelles chansons, à écrire. Et ça prend du temps aussi. On produit nous-mêmes cette fois, on est impliqué dans toutes les étapes de création. Donc forcément, ça demande encore plus de temps. Et puis, on est perfectionniste donc on voulait faire le meilleur album possible. On voulait être fiers de tous les détails. Mais cinq ans, ça passe très vite finalement ! (Rires)

« Des fans se sont introduits chez nous, tout était hors de contrôle »

Votre succès a pris un tournant un peu particulier, notamment à cause de l’attitude intrusive de certains fans. Ça a été assez fou. C’est aussi pour ça que vous avez eu besoin d’un break ?
Bill : Oui, en fait, on a déménagé à Los Angeles à cause de ça. Quand on revenait de tournée, on se rendait compte qu’on ne pouvait pas avoir de vie privée, il n’existait plus de vie en dehors du groupe. Nous, on a besoin d’avoir cet équilibre. Surtout quand tu grandis, tu réfléchis à ce que tu veux vraiment, les gens avec qui tu as envie d’être… Et tu as besoin de cette intimité. Tu as besoin de souffler en dehors de ta carrière. Et, à un moment donné, on a perdu cet équilibre. On a essayé de le re-créer mais ce n’était pas marrant du tout. A la fin, on avait des gardes du corps 24/24 et 7/7, c’était comme être en prison tout le temps. Des gens se sont introduits chez nous, tout était hors de contrôle. On s’est dit : “Allons autre part, où il sera possible d’avoir un jardin secret”. On est parti à LA, et c’est cool. Personne ne nous ennuie, on redécouvre une autre facette de la vie. C’est bénéfique pour nous, en tant qu’êtres humains mais aussi en tant que musiciens. C’était la bonne décision à prendre !

En revenant, vous n’avez pas peur que ça recommence ?
Bill : Non parce qu’on vit toujours à Los Angeles. C’est mieux comme ça. Comme ça, on peut profiter de cette folie en venant faire de la promo, la tournée, et après on peut rentrer et retrouver notre petite vie privée.

« Aujourd’hui, les artistes sortent un album tous les six mois… »

Il y a beaucoup de fans à l’extérieur de l’hôtel. Vous êtes surpris qu’ils soient toujours là malgré vos années d’absence ?
Tom : Oui ! On n’était pas vraiment inquiet à propos de ça. Après, bien sûr, cinq ans, c’est beaucoup ! Avant de faire cette pause, on a appelé notre maison de disques, on a dit qu’on voulait arrêter un peu, ne pas sortir d’album tout de suite, et tout le monde a dit : “Oh c’est une grosse décision”. Car dans la musique, le business change, les gros artistes sortent de la musique tous les jours. (Rires) Ils sortent un nouvel album tous les six mois, et un nouveau single toutes les deux semaines… Ça va tellement vite ! Ils ne pensent qu’à faire un tube, bla bla bla… Maintenant, si tu fais un break, ce n’est pas garanti que tu puisses revenir. Mais on s’en fout ! Déjà, on a fait confiance à nos fans. Bien sûr, on ne prendra pas encore quatre ans de pause après “Kings of Suburbia”. Mais on veut faire de la musique, la produire nous-mêmes. En tout cas, partir, revenir et les voir toujours là, c’est génial.

Mais il y avait le risque que vos fans vous remplacent…
Tom : Non… Je veux dire, je ne suis pas inquiet, tant qu’il n’y a pas un groupe aussi bon que nous ! (Rires) J’ai vérifié, et ça va, on n’a rien à craindre !

Bill : (Rires) Et puis, tu peux aimer plein de groupes. Il n’y a pas vraiment de compétition, il ne faut pas le voir comme ça. C’est surtout une question de musique. C’est normal que les gens évoluent, tu sors un titre, ils n’aiment pas trop, puis ils aiment le prochain… C’est pareil pour tout le monde. Parfois tu gagnes, parfois tu perds. Il ne faut pas se mettre trop de pression. La seule chose à faire, c’est de faire la meilleure musique possible. Et c’est ce qu’on essaie de faire. La clé pour réussir, c’est de toujours être sûr de soi, et content de ce que tu fais.

« On a changé »

Avec cet album, vous aviez envie de prouver quelque chose en particulier ?
Bill : En fait, on n’a pas vraiment essayé de sonner différemment. On n’avait pas de plan précis avec ce retour. C’était naturel. On a changé. J’ai enregistré “Monsoon” quand j’avais 13 ans, maintenant j’ai 25 ans. Du temps est passé… Tu grandis, tu rencontres de nouvelles personnes, la vie se déroule, des choses arrivent, tu t’intéresses à de nouvelles choses. Tu changes !

Tom : La première chose que j’aie faite en studio, c’est de bidouiller un truc sur l’ordi, je n’ai pas pris ma guitare. C’est arrivé après. C’est venu comme ça. On ne s’est pas demandé ce que les gens voulaient entendre… On voulait faire ce dont on avait envie.

Mais avec ce nouvel album, plus mature, plus sexuel aussi, vous aviez envie que le public vous voit comme un groupe et non plus comme un boys band, non ?
Bill : Oui et on voulait vraiment mettre la musique au centre de tout. A un moment donné, ça a nous a un peu dérangé qu’on parle de nous, de notre vie privée, les scandales, plutôt que ce qu’on faisait musicalement. On est un groupe depuis 14 ans, Tom joue de la guitare depuis qu’il a sept ans. Nous sommes des musiciens.Tom : Je crois justement que le fait qu’on soit de vrais musiciens a toujours fait la différence comparé aux autres boys bands. Les gens le ressentent. Ce sont plus les médias qui ont eu du mal à le comprendre.

Bill : C’est pour ça aussi qu’on a sorti trois chansons avant l’arrivée de l’album, pour mettre la musique en avant, montrer ce qu’on faisait.

« On refera peut-être des titres en allemand »

Et pourquoi vous ne chantez plus en allemand ?
Bill : Sur les précédents albums, on a sorti deux versions, en anglais et en allemand. On l’a fait parce que les gens attendaient qu’on le fasse. Mais dans le processus créatif, ce n’était pas naturel. Là, on a écrit naturellement en anglais, et donc il fallait les traduire. Mais c’était vraiment difficile, parfois on perdait des petits détails, de l’émotion. Ça ne nous plaisait pas. Donc ce n’était pas bon pour la qualité. On a dit à notre maison de disques : “On ne veut plus faire ça”. Et d’ailleurs, il faut chanter les chansons deux fois, et parfois tu vis un moment magique en studio, il se passe quelque chose, tu sais que c’est la bonne prise. C’est impossible de le reproduire quand tu dois enregistrer une deuxième version. Peut-être que dans le futur on réécrira des chansons en allemand !

Il y a beaucoup d’influences sur cet album : de la pop, de la funk, de l’électro… Pourquoi avoir pris ces risques maintenant ? Le public pourrait être un peu déstabilisé…
Tom : Je pense que certains sont un peu déstabilisés.

Bill : Oui mais on n’avait pas fait de musique depuis longtemps, donc on avait envie de tenter de nouvelles expériences. Et d’en profiter.

Georg : Et puis, c’est aussi la musique qu’on aime aujourd’hui !

Tom : Avant tout, on veut rester vrais et authentiques envers nous-mêmes. Si on fait ce qu’on aime… Après certains artistes pensent différemment, ils gardent le même style, font toujours la même chose, parce qu’ils savent que les fans veulent entendre ça.

Bill : Moi, je n’aime pas jouer la sécurité. Il faut prendre des risques, c’est ça la vie ! C’est amusant, et ça nous ressemble. On ne veut pas donner aux gens ce qu’ils veulent entendre.

Dans la deuxième partie de l’interview, à lire dimanche sur Pure Charts : Tokio Hotel reviendra sur les critiques, le clip trash de “Love Who Loves You Back”, le mariage gay et l’homophobie en France, le personnage de Conchita Wurst, les envies de carrière solo… et même le pénis de Tom !

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