Interview for L’Officiel Hommes #12/2014

After years in exile, Tokio Hotel are on tour again and the culture establishment is crying. No more hypocrisy now. A (gentle) bow to Germany’s most successful band.

Après des années d’exil, les Tokio Hotel sont de retour en tournée et le milieu de la culture pleure. Finissons-en avec cette hypocrisie. Un (tendre) hommage au groupe le plus célèbre d’Allemagne.

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Bill and Tom Kaulitz are like a red rag to style conscious Berliners who like to scroll design blogs in the afternoons and as of late fancy drinking filter coffee. Tokio Hotel, that’s a no-go of course. That’s uncool, provincial. Which is complete nonsense in our editorial team’s opinion.

You don’t immediately have to compare this band to the Beatles like „Der Spiegel“ (famous German magazine), to acknowledge how remarkable and rapid their rise from the German suburb to an international super act was. Their style is indeed still special nowadays, but definitely distinct, not the result of a marketing strategy. And at least this reporter has seldom if ever sat with two such pleasant and reflective 25-year-olds in an overpriced hotel room and talked about music and life. The topic of the Kaulitz-brothers, who live in LA by now, is a classic one in pop music: to work oneself up from the periphery to the big city, to be free there. There’s still power in that narrative, even if it may seem worn out. It’s reflected in the title of the new Tokio Hotel album „Kings of Suburbia“, which was produced by themselves with an effort in almost six years, it shows in their humility towards fame.

On one of the first days of autumn, Universal invites to an interview in the „Ritz Carlton“ hotel in Berlin. In front of the hotel there’s a group of rubberneckers who are penetrantly and enviously scrutinizing everyone who is let into the foyer of the new-rich furnished hotel. Through windowless corridors I’m led into the press-suite. Bill and Tom Kaulitz are casually sitting at the window, with a view on concrete, the atmosphere is relaxed. A conversation about growing up in the suburb, freedom and life in a metropolis.

To the question of a journalist, if you ever had a normal youth, you responded with „Yes of course, we had that!“ It’s hard to believe that.
BK: We only noticed that this wasn’t the case in the process of our career. When we were 15 our first single „Durch den Monsun“ was released and was, unlike we all expected, really successful. We didn’t have a plan back then, we got famous over the summer holidays all of a sudden. We only reacted.
TK: At the beginning it was great. Then when you get older, you notice that there’s no life outside of that bubble anymore. Yesterday we wanted to go to the hotel bar and only seconds after that 1000 people were standing at the window. The guy at the bar shut the curtains, and then we sat alone in the corner again, like in a zoo. That way you don’t get anything of life anymore of course.
A lot of celebrities often notice that too late and then wake up as alkies at the end of 40 in one of those hotel bars.
BK: That’s right, of course there are colleagues who just take this and don’t aim at something else anymore. Also for us our team became family and our closest circle of friends.
TK: That’s the comfort zone. As an outsider you may ask yourself „What are they even complaining about?“ But our goal is to make music for the rest of our lives. And you can only do that healthily if you can find a balance. Maybe a bit like Rammstein. Half of the band has a normal family life in New York, they are family daddys. And when they go on tour, they’re the hard rockers then.

Back then, when you became famous during the summer, your look has become, not quite mainstream, but presentable. Was that a problem?
BK: Of course I provoked with my look as a young man, I even went to school like that and always had confrontations with other students and teachers. Subtly I maybe even intended to provoke to set a statement. This feeling of freedom and self-determination are the most important things for me in life. I won’t let anyone tell me that men are not allowed to wear high heels, nail polish or mascara. But coming back to your question: Today I read about our „Wetten, dass…“ performance: „The woman without boobs in a string vest.“ I was meant with that. Of course I don’t care about that. But obviously my look is still provoking.

Tom, there’s this beautiful, personal moment in the making-of your song „Run, Run, Run“, where Bill puts make up on your face. You also always dressed yourself uncommonly, but Bill was still more eccentric.
TK: Totally.

Has that ever been a topic between you?
TK: Not really. It developed quite early with us. We’ve always looked different – already at the age of 13 or 14.
BK: …sometimes there were problems. Back then Tom was…
TK: …your opposite extreme. I was a punk and quite rebellious, ran around with Che-Guevara-shirts and dreadlocks…
BK: …he was in his punk- and I was in my raver-neoprene-phase.
TK: It was also like that on stage. Bill in neoprene, me in Che Guevara shirt. And everyone thought: „Tell me, what kind of band is that!“ And people still think that today.

Bill et Tom Kaulitz sont la bête noire des berlinois à la mode, qui passent leurs après-midis sur les blogs de design et pensent devoir boire du café filtre. Tokio Hotel, ce n’est bien sûr pas bon. Ce n’est pas cool et provincial. Ici, à la rédaction, nous ne sommes pas du même avis.
Il n’est pas nécessaire de comparer immédiatement le groupe avec les Beatles, comme l’a fait « Der Spiegel », pour reconnaître que leur montée depuis la province allemande jusqu’au succès international a été exceptionnelle et rapide. Leur style, spécial encore aujourd’hui, leur est en tout cas propre, et n’est pas le résultat d’une stratégie marketing. Et pour ma part, je n’ai encore jamais été dans une chambre d’hôtel hors de prix avec deux jeunes de 25 ans si agréables et réfléchis, à discuter de musique et de la vie.
La situation présente des frères Kaulitz, vivant à L.A., est classique de la musique pop : se rendre de la périphérie à la grande ville, pour y être libre. Dans ce schéma, qui peut sembler usé, se trouve toujours une grande force. Cela résonne dans le titre du nouvel album de Tokio Hotel, « Kings of Suburbia », qu’ils ont produit eux-mêmes en presque six ans, et cela se montre dans leur humilité vis-à-vis de leur gloire.
Au début de l’automne, Universal nous invite pour une interview dans le « Ritz-Carlton » de Berlin. Devant la porte se trouve un groupe de curieux qui dévisagent avec envie tous ceux qui sont autorisés à entrer dans le foyer de l’hôtel. Le chemin vers la suite aménagée pour la presse passe par de longs couloirs sans fenêtres. Bill et Tom Kaulitz sont assis et regardent par la fenêtre, décontractés, l’atmosphère est détendue. Une discussion sur leur enfance dans la province, la liberté et la vie dans une métropole.
À la question d’une journaliste : « Avez-vous eu une jeunesse normale ? », vous avez répondu : « Oui, bien sûr. » C’est difficile à croire.
Bill Kaulitz : Ce n’est qu’au cours de notre carrière que nous avons remarqué que ce n’était pas le cas. Quand nous avions 15 ans, notre premier single « Durch den Monsun » est sorti et a eu beaucoup de succès, ce à quoi nous ne nous attendions pas du tout. Nous n’avions pas de projet à l’époque, et nous sommes tout à coup devenus célèbres durant les vacances d’été. Nous avons simplement réagi à cela.
Tom Kaulitz : Au début, c’était génial. Puis, quand on grandit, on remarque qu’il n’y a pas de vie en-dehors de cette bulle. Hier, nous voulions passer au bar de l’hôtel, et en quelques secondes, des milliers de personnes étaient devant la vitre. Le barman a fermé les rideaux et après un moment nous étions à nouveau seuls dans le coin, comme au zoo. Quand c’est comme ça, tu ne vis plus les expériences de la vie normale.
Beaucoup de célébrités ne remarquent cela que trop tard, et se réveillent alors alcooliques à 40 ans dans un bar d’hôtel.
Bill Kaulitz : C’est vrai, il y a des collègues qui acceptent cela et ne veulent plus rien d’autre. Pour nous aussi, notre équipe est devenue notre famille, nos amis les plus proches.
Tom Kaulitz : C’est notre zone de confort. Quand on voit cela de l’extérieur, on se demande : de quoi se plaignent-ils ? Mais nous avons l’intention de faire de la musique toute notre vie. Et si l’on veut avoir une vie saine en faisant cela, il faut trouver un équilibre. Comme Rammstein, par exemple. La moitié du groupe a une vie de famille normale à New York, ils sont pères de famille. Et quand ils partent en tournée, ils sont alors de vrais rockers.
Lorsque vous êtes à l’époque devenus célèbres du jour au lendemain, votre look est devenu, non pas mainstream, mais relativement convenable. Était-ce un problème ?
Bill Kaulitz : J’ai bien sûr provoqué avec mon look, quand j’étais jeune. J’allais comme ça à l’école et j’ai toujours eu des confrontations avec les élèves comme avec les professeurs. D’une certaine manière, je recherchais cette provocation pour faire passer un message. Ce sentiment de liberté et cette autonomie sont pour moi les choses les plus importantes dans la vie. Je ne laisse personne me dire que les hommes ne peuvent pas porter de chaussures à talons, du vernis, ou du mascara. Mais je reviens à ta question : j’ai lu aujourd’hui un commentaire au sujet de notre apparition dans « Wetten dass… ? » : « La femme qui n’a pas de poitrine ». Cela me désignait. Cela m’est bien évidemment égal. Mais mon look suscite apparemment toujours des réactions.
Tom, dans le making-off de votre chanson « Run, Run, Run », il y a ce moment très beau et intime où Bill te maquille. Tu t’es toujours habillé de manière assez inhabituelle, mais Bill a tout de même toujours été plus excentrique.
Tom Kaulitz : Tout à fait.
Est-ce que cela a été un enjeu entre vous ?
Tom Kaulitz : Pas vraiment. Cela s’est fait très tôt. Nous avons toujours été très différents physiquement – déjà à 13-14 ans…
Bill Kaulitz : … il y a déjà eu des problèmes. Tom était à l’époque…
Tom Kaulitz : … ton extrême opposé. J’étais punk et rebelle, je me promenais avec des t-shirts Che Guevara, j’avais des dreadlocks…
Bill Kaulitz : … il était dans sa phase punk, et moi dans ma phase rave-néoprène.
Tom Kaulitz : Et c’était aussi comme ça sur scène : Bill en néoprène, moi en Che Guevara. Et tout le monde se demandait : qu’est-ce que c’est que ce groupe ! Et c’est encore comme ça aujourd’hui.

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Dressing that eccentrically in a suburb surely wasn’t easy…
TK: First we moved from Hannover to Magdeburg and were put to school there. Already in primary school we dressed differently. Magdeburg is a city in which people don’t necessarily have a distinct sense for style, but we still got through. When our parents moved to a village with us then, it became, at least in the beginning, really hardcore.
BK: It was too crazy. Today I often look back on these times. As a young person and teenager you don’t think about it a lot, you have a greater self-confidence. In hindsight I can be glad that I didn’t constantly get my face smashed in.
TK: Often the situation was on the brink.

You experienced violence?
TK: Definitely, our stepdad sometimes had to…
BK: …pick us up with the dog and a baseball bat. And every morning in the bus, people looked at us like we were aliens. I wanted to get out of there as fast as possible. That was definitely clear. That was the incitement behind all the things we did. We wanted to go to the big city. Preferably Berlin.

That’s almost classical. Like Lou Reed and John Cale sang „There’s only one good thing about a small town, you know that you wanna get out“.
TK: Absolutely. There was no bigger wish for us. That’s why we performed every weekend as a band, we wanted to make our name famous, so that one day we would be able to live off our music.

How can one imagine the role allocation between you?
BK: Concerning the band, it’s Tom now who cares about everything that has to do with the music. If it’s the production in our own studio in LA or the live performances. I rather care about the visual things, look which interviews we want to make and with whom which video or photoshoot.
TK: In our private life I’d say that I’m the responsible-minded one and Bill is the gut-feeling-person. I always have to drive Bill around.
BK: Our great-grandfather always took Tom aside and said „Tom, don’t let Bill drive the car“.
Both: „…and always take care of the money!“
TK: He became 104 years old and said that until the end. Actually he’s a bit right.

You wouldn’t get along alone?
TK: No, we compensate each other.
BK: But you have to say that Tom is even more dependent than me.
TK: I think Bill talks himself into believing that.
BK: No, that’s true! Even all our friends say that.
TK: They only say that because they find it funny.
BK: It’s really quite cute. He doesn’t do anything without me. I can fly alone to New York for a few days, but when I’m landing, I already have 20 messages from Tom: „And? Did you have a good flight? Send me some pictures, will you? Next time I come with you.“
TK: Of course, because I’m worrying. He’s interpreting it now as if I couldn’t get along on my own without him. But for me it’s rather a big-brother-syndrome.
BK (laughs): Such a bullshit!
TK: I always had to protect him when someone wanted to beat him up.
BK: Oh, such a bullshit!
TK: You could finally admit it!

You have always cared about your own management, furthermore you have built up a studio in LA. It may be a kind of freedom, but it also is a big burden.
BK: Totally. But Tom and me, we’ve always had a big mouth. At Universal we already sat in the record company meetings with the age of 13. With 15 we basically ran a big company. You have lawyers, tax consultants, managers, they all stand on your payroll, so you have responsibility. Of course this can be insanely exhausting. But if it’s going wrong, at least I know who’s fault it is.

After years of touring you moved to Los Angeles some time ago. Please describe your first impressions there.
BK: The first times in LA we really thought: „Amazing, vacation!“ But for me it’s rather a city where you should move when you’re over with work, when you only want to relax in your life anymore. TK: In LA it is like that. You go out, meet friends and friends of friends and all come and first tell you their success story. There’s no city that’s as much „success-driven“ as LA. Namedropping without end.
BK: You meet up and first compare twitter-followers, facebook-friends, instagram-likes. We always sat there and just thought that hopefully nobody would approach us now.

S’habiller de manière excentrique dans une telle région, ça n’a pas dû être facile.
Tom Kaulitz : Nous avons déménagé de Hanovre à Magdeburg, c’est là que nous avons été à l’école. Dès l’école primaire, nous étions habillés différemment. Magdeburg est une petite ville où les gens ne se distinguent pas par leur grande connaissance de la mode, mais nous étions acceptés. Quand nos parents ont déménagé avec nous dans un village, c’était très difficile, surtout au début.
Bill Kaulitz : C’était vraiment extrême. Je repense souvent à cette période. Quand on est jeune et adolescent, on ne se soucie pas beaucoup de cela, on a une grande assurance. Avec le recul, je peux m’estimer heureux de ne pas m’être fait tabasser en permanence.
Tom Kaulitz : Ça t’est presque arrivé plusieurs fois.
Avez-vous été confrontés à la violence ?
Tom Kaulitz : En tout cas, notre beau-père devait parfois…
Bill Kaulitz : …venir nous chercher avec le chien et la batte de base-ball. Et chaque matin, quand nous montions dans le bus, les gens nous regardaient comme si nous étions des extra-terrestres. Je voulais partir de là dès que possible. C’était clair. C’est ça qui nous a poussé à faire tout ce que nous avons fait. Nous voulions aller dans une grande ville. A Berlin, si possible.
C’est presque classique. Comme le chantaient Lou Reed et John Cale : « There’s only one good thing about a small town, you know you wanna get out. » [« La seule chose positive dans les petites villes, c’est que tu sais que tu veux t’en aller. »]
Tom Kaulitz : Absolument. Nous n’avions pas d’autre souhait. C’est pour cela que nous avons fait des concerts tous les week-ends, nous voulions nous faire connaitre pour pouvoir un jour vivre de la musique.
Comment se passe la distribution des tâches entre vous deux ?
Bill Kaulitz : Concernant le groupe, Tom s’occupe de tout ce qui a trait à la musique. Que ce soit la production dans notre studio personnel à L.A. ou les concerts live. Je m’occupe plutôt de l’aspect visuel, je regarde quelles interviews nous voulons faire et avec qui nous voulons tourner une vidéo ou faire un shooting.
Tom Kaulitz : Dans notre vie privée, je dirais que je suis celui qui est responsable et Bill est plus intuitif. Je dois toujours le conduire partout.
Bill Kaulitz : Notre arrière-grand-père prenait toujours Tom à part et lui disait : « Tom, ne laisse pas Bill rouler en voiture… »
Les deux : « … et fais attention à l’argent ! »
Tom Kaulitz : Il a vécu jusqu’à 104 ans et disait cela jusqu’à la fin. Finalement, il a un peu raison.
Vous ne vous en sortiriez pas tout seul ?
Tom Kaulitz : Non, nous nous complétons.
Bill Kaulitz : Mais je dois dire que Tom est encore moins autonome que moi.
Tom Kaulitz : Je crois que c’est ce dont Bill essaye de se persuader.
Bill Kaulitz : Non, c’est vrai ! Tous nos amis le disent.
Tom Kaulitz : Ils ne le disent que parce qu’ils trouvent ça drôle.
Bill Kaulitz : C’est vraiment mignon. Il ne fait absolument rien sans moi. Je vais parfois seul quelques jours à New York. Mais dès que mon avion atterrit, j’ai déjà 20 sms de Tom : « Alors ? Tu es bien arrivé ? Envoie-moi des photos. La prochaine fois, je viens avec toi. »
Tom Kaulitz : Bien sûr, parce que je me fais du souci. Il interprète ça comme si je ne pouvais pas me débrouiller sans lui. Mais pour moi, c’est plutôt un syndrome du grand-frère.
Bill Kaulitz (rit) : C’est n’importe quoi !
Tom Kaulitz : Je devais toujours m’interposer pour le protéger quand quelqu’un voulait lui faire du mal.
Bill Kaulitz : C’est vraiment n’importe quoi !
Tom Kaulitz : Pourrais-tu simplement être d’accord avec moi !
Vous vous êtes toujours occupés vous-mêmes de votre management, et avez d’ailleurs construit un studio à L.A. C’est une question de liberté pour vous, mais c’est aussi une lourde charge.
Bill Kaulitz : Tout à fait. Mais Tom et moi avons toujours eu une grande gueule. Chez Universal, nous assistions déjà aux réunions lorsque nous avions 13 ans. À 15 ans, nous dirigions dans les faits une grande entreprise. Tu as les avocats, les conseillers fiscaux, les managers, ils sont tous sur la liste des salaires, alors tu dois assumer ces responsabilités. Cela peut évidemment être très fatiguant. Mais au moins, quand quelque chose ne va pas, je sais qui est responsable.
Après des années de tournée, vous avez déménagé il y a quelques temps à L.A. Pouvez-vous nous décrire votre première impression de cet endroit ?
Bill Kaulitz : Les premières fois que nous sommes allés à L.A., nous nous disions : « Génial, des vacances. » Mais pour moi, c’est une ville dans laquelle il vaut mieux vivre quand on a son travail derrière soi, quand on veut juste se reposer.
Tom Kaulitz : C’est comme ça à L.A. : tu te lèves, tu rencontres des amis, et des amis d’amis, et tous commencent par te raconter leur réussite et leur succès. Il n’y a pas de ville plus orientée vers le succès que L.A. Chacun donne les noms des personnes célèbres qu’il connaît.
Bill Kaulitz : Quand on se rencontre, on commence par comparer les abonnés Twitter, les amis Facebook, les « likes » sur Instagram. Nous restions toujours tranquillement assis, espérant que personne ne nous adresse la parole.

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How did the city visually influence you?
TK: In public I always claim that the city hasn’t influenced us at all. But of course you wake up differently there. Every day the sun is shining. Every day blue sky and palm trees.
BK: But LA is not a fashion city. That’s totally bothering me. Everyone’s running around in flip-flops, shorts and tank tops. You have to take care to not look too much like LA after a while. New York is much more inspiring in this matter.

In Germany people who are interested in fashion are still generally seen as stupid or superficial.
BK: But fashion is super important. For me it goes hand in hand with music. Fashion does something to you. To create a look always gets me in a special mood. But it should never be dressed up. Because of that we don’t dress Georg and Gustav with crazy clothes, that would be bloody stupid. Gustav doesn’t care two figs about fashion.
TK: And for Georg it’s most important that his shirt isn’t too long, because otherwise it’s annoying during playing the bass for him.

On your recent album you worked for almost 6 years. How has your music changed in this time?
TK: In the course of the album we dealt a lot with sound-design, synthesizers and effects. How you produce a song really awesome, which bass-drum, which snare-sound, this was extremely exciting and really brought us further. We taught ourselves almost everything since the beginning. No one of us learned playing his instrument professionally, no one plays by notes. I got the guitar with the age of 7 and I’m playing by ear and feeling. I often have the feeling that those professionals know too much. And all this knowledge can also stand in your way sometimes.
BK: That’s how music gets out of fashion very quickly. It’s similar to the attitude of german musicians at the beginnings of the ‘80s. Drummers like DAF’s Robert Görl said, of course, we were at the conservatory and now we have to forget all of that again.
TK: Yes, exactly! It becomes too technical otherwise.
BK: I had vocal coaches in between. But I always abandoned it after the first lesson. It started like that: „On stage you have to arrange yourself like a cardboard.“ And then you stand there and think: „What? I’m wearing a big jacket there and run from A to B, I don’t fucking arrange myself like a…“
Both: „…cardboard!“

Also in fashion, fashion photography, you have the impression that people start to retouch less.
BK: Right. People always did more and more of that [retouching], but it needs to stop. Otherwise we’ll all become robots and everything will get artificial.
TK: People often think it’s a contradiction what we say because they say that the new album is so electronical, there’s nothing pure anymore. But it’s not easier to play a synthesizer than a guitar. And a guitar is not necessarily more natural than a synthesizer.

Is there still a pressure for you to always be number 1 in the charts?
BK: We’re more relaxed today, it’s already the fourth album.
TK: For us it’s rather the sum of chart positions that counts. Most important for me is to work with this record for a long time. It has cost us a whole lot of energy. Therefore I want to profit from it as long as possible.

En quoi la ville vous a-t-elle influencés au niveau visuel ?
Tom Kaulitz : J’affirme toujours haut et fort que la ville ne nous a pas influencés. Mais bien sûr, on se réveille autrement là-bas. Le soleil brille tous les jours. Ciel bleu et palmiers en permanence.
Bill Kaulitz : Mais L.A. n’est pas une ville de la mode. Cela me dérange beaucoup. Tout le monde se promène en tongs, shorts et débardeur. Il faut faire attention à ne pas trop ressembler à L.A., après un moment. New York est une plus grande source d’inspiration à ce niveau-là.
En Allemagne, celui qui s’intéresse à la mode est encore souvent considéré comme stupide ou superficiel.
Bill Kaulitz : Alors que la mode est quelque chose de très important. Pour moi, elle va de pair avec la musique. La mode nous influence. Quand je compose mon look, cela me met dans une humeur bien particulière. Mais cela ne doit jamais être un déguisement. C’est très important. C’est pour ça que Georg (Listing, bassiste) et Gustav (Schäfer, batteur) ne portent pas de vêtements bizarres, ça n’irait pas. Gustav ne s’intéresse pas du tout à la mode.
Tom Kaulitz : Et pour Georg, le plus important est que le t-shirt ne soit pas trop long, parce qu’il frotterait alors sur sa basse quand il joue.
Vous avez travaillé presque 6 ans à votre album actuel. Comment votre musique a-t-elle évolué durant cette période ?
Tom Kaulitz : Dans cet album, nous avons beaucoup expérimenté avec le design sonore, les synthétiseurs et les effets. Comment on produit un bon titre, quels sons de basse et de batterie utiliser, quelles sonorités et quel timbre ; c’était passionnant et ça nous a fait beaucoup progresser. Depuis le début, nous avons presque tout appris par nous-mêmes. Aucun d’entre nous n’a appris son instrument de manière professionnelle, aucun ne lit les notes. Quand j’avais sept ans, j’ai pris la guitare et j’ai joué à l’oreille, d’après mes sensations. J’ai souvent l’impression que tous ces professionnels en savent trop. Et tout ce savoir peut aussi être un obstacle.
Bill Kaulitz : C’est comme ça que la musique se démode très vite.
Cela se rapproche de l’attitude des musiciens allemands du début des années ’80. Des batteurs comme Robert Görl de DAF ont dit : oui, nous sommes allés au conservatoire, et maintenant nous devons oublier tout cela.
Tom Kaulitz : Oui, exactement ! Sinon, cela devient trop technique.
Bill Kaulitz : J’ai pris quelques fois des cours de chant. Mais j’ai toujours abandonné après la première heure. Cela devenait : « Sur scène, il faut être comme dans une boîte. » Et tu es là et tu te dis : « Quoi ? J’ai une si grosse veste et je cours de gauche à droite, je ne peux pas être comme dans une… »
Les deux : « … boîte ! »
Même dans la mode ; on a l’impression que les photographies de mode sont de moins en moins retouchées.
Bill Kaulitz : C’est vrai. On a poussé les choses sans cesse plus loin, mais il arrive un moment où on doit arrêter. Sinon, nous allons tous devenir des robots et tout sera artificiel.
Tom Kaulitz : Les gens nous le reprochent souvent, disant que le nouvel album est entièrement électronique, qu’il n’y a plus rien de pur. Mais jouer d’un synthétiseur n’est pas plus facile que jouer d’une guitare. Et une guitare n’est pas forcément plus naturelle qu’un synthé.
Subissez-vous encore la pression de devoir être numéro un des classements ?
Bill Kaulitz : Nous sommes plus détendus aujourd’hui, nous en sommes déjà à notre quatrième album.
Tom Kaulitz : Pour nous, c’est plutôt la somme des placements qui compte. Le plus important pour moi est de travailler longtemps sur l’album. Il nous a demandé beaucoup d’énergie. J’aimerais donc en profiter le plus longtemps possible.
Bill et Tom Kaulitz (1989) ont fondé en 2001 le groupe Tokio Hotel. Leur nouvel album « Kings of Suburbia » est sorti chez Universal.

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Translation by Herzblut / Traduction par *Elena*

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